Écologie intégrale
13 Oct 2026
Les 21, 22 et 23 septembre 2026, la convention OVIE (Osons vraiment l’écologie intégrale) a réuni des apprenant.es, administrateurs et collaborateur.ices de l’Icam autour d’un objectif commun : réfléchir aux transformations à engager face aux limites planétaires et aux évolutions fortes que connaît notre monde, et construire collectivement une feuille de route pour accompagner les transitions écologiques et sociales de l’établissement. Trois jours d’échanges, de réflexion et de travail collaboratif pour passer de la prise de conscience à l’engagement collectif.
Comprendre les transformations à venir
Comment continuer à former des ingénieurs capables de répondre aux besoins de demain dans un monde confronté à des limites environnementales croissantes ? Comment faire évoluer nos métiers, nos enseignements et nos modes de fonctionnement pour rester robuste face à ces transformations ? Ces questions ont guidé les travaux de la convention OVIE.
La première journée a permis de partager les constats et de mieux comprendre les conséquences des limites planétaires sur les activités de l’Icam. À travers des conférences, des témoignages et des ateliers, les participants ont exploré les évolutions susceptibles de transformer durablement le quotidien de notre mission, nos métiers et nos campus.
Plusieurs enjeux majeurs ont été identifiés : l’attractivité de l’école, son modèle économique, les mobilités internationales, la disponibilité des compétences enseignantes en matière de transition et la résilience des bâtiments.
Au-delà de ces constats, les échanges ont souligné la nécessité de faire évoluer les pratiques professionnelles et pédagogiques. Former les ingénieurs des transitions implique notamment de développer une approche systémique, l’écoute, l’humilité, l’éthique et la capacité à coopérer. La robustesse et les approches low-tech constituent également des pistes importantes pour repenser les réponses techniques aux besoins de demain.
L’enjeu est ainsi de dépasser une vision uniquement technique des transitions pour intégrer leurs dimensions humaines, sociales, économiques et environnementales.
Faire de l’écologie intégrale un projet collectif
La convention a également rappelé l’importance du collectif. La transformation de l’Icam ne peut se construire sans la participation de ses différents campus, de ses collaborateurs et de ses étudiants.
Cette ambition se traduit dans la démarche OVIE, qui invite chacun à contribuer à une dynamique commune, tout en tenant compte des réalités propres à chaque entité.
Les ateliers ont notamment mis en évidence l’intérêt de renforcer la participation des étudiants et des collaborateurs aux décisions, de faire évoluer la vie associative, de développer de nouvelles approches pédagogiques et d’intégrer davantage les enjeux environnementaux et sociaux dans le pilotage opérationnel.
Cette dynamique repose sur une conviction : les transitions ne se décrètent pas uniquement à travers des orientations institutionnelles. Elles se construisent aussi dans les pratiques quotidiennes, les espaces de dialogue, les coopérations et les décisions prises collectivement.
Six leviers pour passer à l’action
La deuxième journée a été consacrée à la construction d’une feuille de route autour de six leviers stratégiques définis à l’échelle de l’Icam.
Le premier consiste à placer le vivant au cœur de la formation et à oser pleinement l’écologie intégrale. Le deuxième vise à développer une organisation partagée et régénérative, attentive au bien-être et à la participation de chacun.
Le troisième levier entend faire des campus des lieux d’expérimentation du travail collectif, en favorisant les coopérations et les partenariats territoriaux. Le quatrième porte sur une ingénierie sobre, robuste et responsable, associant excellence scientifique, éthique et pluridisciplinarité.
Les deux derniers leviers concernent les infrastructures éco-compatibles et la remise en question de certaines pratiques, notamment en matière de mobilité internationale et d’empreinte carbone.
Ces six orientations constituent un cadre commun. Il appartient désormais à chaque campus de les traduire en engagements adaptés à ses enjeux et à ses possibilités d’action.
Des engagements concrets et mesurables
L’un des enseignements de la convention est la nécessité de transformer les intentions en actions concrètes. Pour cela, les participants ont été invités à privilégier quelques engagements prioritaires, assortis d’actions identifiées, de responsables et d’échéances, plutôt que de multiplier les initiatives sans véritable suivi.
Cette exigence répond à plusieurs points de vigilance identifiés pendant les ateliers : le risque de dispersion, les délais de mise en œuvre et la nécessité de rester ouverts aux imprévus, aux changements et aux nouvelles opportunités.
La suite de la démarche s’organisera donc autour de collectifs OVIE constitués dans les différentes entités de l’Icam. Ils auront pour mission de poursuivre le travail sur les six leviers, de préciser les objectifs, de construire les plans d’action et de définir des indicateurs de suivi.
Le calendrier prévoit plusieurs étapes de suivi entre l’automne 2026 et le printemps 2027, avant la présentation des feuilles de route validées en juin 2027.
Cette démarche s’intègre avec celle de la Convention des entreprises pour le climat (CEC): elle s’inscrit dans une dynamique nationale liée au monde académique, tandis qu’OVIE mobilise les différentes entités de l’Icam autour de leurs propres engagements.
Oser, expérimenter et avancer ensemble
Au-delà des ateliers et des feuilles de route, la convention OVIE marque une étape dans la manière d’aborder les transitions au sein de l’Icam. Elle invite à interroger les habitudes, à faire évoluer les pratiques, à renforcer la capacité de l’établissement à répondre aux transformations du monde, à intégrer ces sujets au coeur des missions de chacun et de co construire collectivement
Elle rappelle également que cette évolution ne nécessite pas que chacun soit expert de tous les sujets ni que toutes les réponses soient disponibles dès le départ. Elle suppose avant tout une compréhension partagée des enjeux, une volonté de coopérer et la capacité à s’engager sur des actions concrètes.
Oser vraiment l’écologie intégrale, c’est donc faire de la transition un projet collectif, ancré dans les réalités de chaque campus et porté par des engagements suivis dans le temps. Une dynamique à poursuivre pour construire un Icam toujours plus cohérent avec les transformations de notre monde, et pleinement engagé dans la formation des ingénieurs de demain.


