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20 Oct 2026
Un an après une première édition réussie, le réseau 2RSHS (Réseau interdisciplinaire de recherche en Robotique : Systèmes • Humains • Sociétés) s’est retrouvé, le 13 octobre, à l’Icam site de Toulouse pour sa 2e Journée annuelle. Cet événement était placé sous le signe de l’interdisciplinarité, fidèle à la vocation du réseau : réunir chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales (SHS) et en sciences de l’ingénieur et du numérique (SIN) pour interroger les implications sociétales de la robotique et explorer de nouvelles pistes méthodologiques.

C’est dans cette perspective de croisement des savoirs qu’intervient la question de l’incarnation des machines : et si les robots interactifs dépassaient la fiction pour intégrer notre quotidien ? Une question et des échanges qui ont été au cœur d’une conférence passionnante.
Des stars d’Hollywood aux robots de demain avec Nadia Magnenat Thalmann
Le réseau avait invité une figure internationale du domaine : Nadia Magnenat Thalmann, professeure honoraire à l’Université de Genève, où elle a fondé le laboratoire MIRALab en 1989. Ancienne directrice de l’Institute for Media Innovation de la Nanyang Technological University de Singapour, autrice de plus de 600 publications scientifiques, elle a notamment reçu le Humboldt Research Award et l’Eurographics Distinguished Career Award.
Sa conférence « Incarnations virtuelles : des stars d’Hollywood aux robots de demain » a rappelé que les humains virtuels n’ont pas attendu ChatGPT pour voir le jour. Dès le milieu des années 1980, la modélisation en 3D d’icônes du cinéma comme Marilyn Monroe ou Humphrey Bogart posait les bases d’une révolution : rendre plus naturels les mouvements, les expressions du visage et les interactions entre humains et machines.

Dans les années 2000, l’essor de la robotique sociale a fait sortir ces recherches des laboratoires. Nadine, le robot humanoïde conçu à Singapour par l’équipe de Nadia Magnenat Thalmann, a ainsi été testé dans des agences d’assurance, des musées ou des maisons de retraite. Aujourd’hui, l’intégration des grands modèles de langage (LLM) donne à ces entités des capacités d’apprentissage et d’adaptation inédites, récemment éprouvées en conditions réelles lors de conférences à l’ONU. De quoi ouvrir une réflexion sur nos futures cohabitations avec les machines.
La journée s’est ensuite prolongée autour de deux types d’activités. D’abord, des communications de chercheurs et chercheuses français (Lyon, Paris, Alès, Montpellier, etc.) venus présenter et échanger sur leurs recherches portant sur les interactions humains-robots. Et ensuite, des ateliers visant à apporter aux participants de nouvelles approches méthodologiques et conceptuelles pour concevoir et étudier les interactions.
Au-delà de ce rendez-vous annuel, le réseau 2RSHS continue de proposer des webinaires bimestriels qui croisent les regards des SHS et de la robotique. Le prochain webinaire, le 16 novembre 2026, portera sur la thématique « Humanoïdes et imaginaires », et interrogera les formes d’intelligence attribuées aux robots humanoïdes et les représentations qu’ils suscitent dans nos sociétés. Cette séance sera articulée autour des interventions de Nicolas Mansard, Directeur de recherche CNRS en robotique au LAAS, et Cécile Dolbeau-Bandin, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Caen.
L’Icam Toulouse remercie chaleureusement Nadia Magnenat Thalmann ainsi que l’ensemble des participantes et participants pour la richesse des échanges.
👉 Pour en savoir plus sur le réseau 2RSHS : https://2rshs.sciencesconf.org