S’imposer aucune limite : la philosophie de Franck Filmotte, devenu ingénieur à 37 ans !
Icam
4 Mai 2026
Franck a construit son parcours dans la maintenance avant qu’un AVC ne l’amène à tout reconsidérer. C’est cette épreuve et le souhait d’avoir un diplôme d’ingénieur qui le pousse à franchir le pas : reprendre ses études et intégrer la formation continue à l’Icam, site de Lille. Challengé, accompagné, entouré, il s’est senti au bon endroit pour y arriver. Diplômé en 2020, Franck est aujourd’hui responsable d’un service maintenance au sein de l’entreprise La Charlotte. Il témoigne avec fierté de son chemin parcouru, malgré les difficultés, et des échelons gravis avec détermination.
Est-ce que la technique a été une évidence ?
Oui complètement. C’est une boîte d’un jeu de construction – les Meccano pour les gens de ma génération ! – qui est à l’origine de tout. Enfant, j’adorais démonter, bricoler, réparer. Au collège, je ne me suis plus senti en adéquation avec le système scolaire. J’ai eu une 6e et une 5e difficiles, j’étais démotivé. Ma chance a été de croiser, en 4e, deux professeurs fantastiques, mon prof de maths et ma prof de technologie qui m’ont “secoué”, ont cru en moi, en mes compétences. Rien que d’en parler, je suis ému. Je me suis alors accroché.
Quel a été ton parcours ?
J’ai fait le choix d’aller en lycée professionnel, motivé par l’envie d’apprendre un métier, d’apprendre à me servir de mes mains. J’avais aussi besoin de comprendre pourquoi je le faisais.
Après avoir obtenu mon Bac pro en MSMA (Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés) avec mention très bien, j’ai fait un BTS MAI (Mécaniques et Automatismes Industriels). Deux années super enrichissantes durant lesquelles j’ai pu faire des stages dans de grandes entreprises dont Valeo qui m’a recruté à l’issue. J’ai été embauché comme conducteur, puis j’ai évolué pour devenir technicien de maintenance. En 2014, j’ai changé de secteur et j’ai intégré le groupe In’Tech Médical, toujours comme technicien de maintenance. Mais fin 2016, je fais un AVC, sans m’en rendre compte. Ces problèmes de santé m’ont amené à revoir mon projet professionnel.
Comment cet événement a-t-il affecté ta vie ?
J’ai connu plusieurs mois de galère sur le plan du suivi médical, j’ai même failli mourir, avant d’être enfin entre les mains des bonnes personnes. J’ai tenu plusieurs mois, mais j’étais comme un lion en cage… j’avais envie de reprendre le travail. Je ne pouvais cependant plus me servir de mon côté gauche, ce qui était problématique dans mon métier. C’est ce qui m’a conduit à reprendre mes études pour évoluer et pouvoir faire de la gestion de projets et du développement. Et puis j’ai toujours voulu avoir un diplôme d’ingénieur. A la fin de mon BTS, j’ai d’ailleurs tenté le concours d’entrée dans une école. L’un des oraux ne s’est pas bien passé. En cause, mon parcours. Je n’avais pas le “bon” profll. J’en suis ressorti blessé. Mais je n’ai jamais lâché ce rêve.
Comment s’est fait le choix de l’Icam ?
J’avais une vingtaine de connaissances dont plusieurs amis qui en sont sortis et qui m’en ont parlé. Coup du hasard, la personne que j’ai rencontrée à l’Icam, c’était le professeur de maths. Quelqu’un d’emblématique avec qui je suis resté pendant quasiment deux heures ! Il m’a parlé de “son” école, de “ses” élèves, et a fait en sorte que je puisse échanger avec eux. Je me suis vraiment senti bien. C’est ici, à l’Icam, que je voulais être. J’ai tout fait pour y arriver. Je me suis notamment inscrit au module préparatoire de l’Icam pour travailler mon niveau d’anglais. Mes bons résultats aux tests de positionnement m’ont permis d’intégrer la formation Ingénieur Icam continu en deux ans.
Qu’est-ce que ces deux années de formation t’ont apporté et comment les as-tu vécues ?
J’ai appris à réapprendre. J’ai appris que je ne sais pas tout sur tout, et qu’ensemble, c’est mieux. L’Icam m’a aussi permis de découvrir ce que cela voulait dire la vie en promo et telle qu’elle devrait être. Lorsque l’un d’entre nous est en difficulté, les autres sont là pour l’aider et le relever. Nous avons mené des projets fantastiques et j’ai croisé de belles personnes, des gens qui ont envie : envie de transmettre, avec des professeurs et intervenants vraiment compétents dans leur domaine et à leur place; envie de réussir, parce qu’il ne faut pas l’oublier, la formation continue, c’est notre choix et nous sommes là de notre plein gré. J’ai donc mis ma vie personnelle et familiale un peu de côté pendant ces deux années, mais j’ai gagné des copains et aussi une nouvelle famille : la famille Icam à laquelle je suis heureux et fier d’appartenir aujourd’hui. Je voudrais enfin faire un clin d’œil à Hélène Catrix, notre tutrice, qui a été, pour moi, durant cette période, une mère de substitution !
Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a marqué, une anecdote ?
C’était au tout début de la formation. Je suis plutôt quelqu’un d’assez à l’aise, ouvert, et j’ai cette capacité à être bien partout. Je suis arrivé en cours de maths en amphi, comme à mon habitude, en bermuda et baskets. A la pose, Hélène est venue me voir pour me dire “même si tu portes des sneakers, il y a un certain dress code à respecter et il faut que tu commences à endosser le costume d’ingénieur”. Ça a été une première “claque”. Mais elle avait raison. La première chose que l’on voit d’une personne, c’est ce qu’elle dégage et son apparence. Il ne faut pas le négliger.
Aujourd’hui, que fais-tu ? Qu’est-ce qui t’anime ?
Je travaille au sein de l’entreprise La Charlotte comme responsable d’un service maintenance qui compte une dizaine de personnes. Je suis devenu le manager que j’avais envie d’être, un manager humain. Ce n’est pas en tapant sur la tête d’une personne qu’on va la faire progresser, mais en s’intéressant à elle, en la valorisant. J’ai aussi une sensibilité, du fait de mes problèmes de santé, qui me permet d’avoir ce ressenti par rapport aux autres et à leur mal être. Et de pouvoir, ponctuellement, prendre du recul, ce qui est extrêmement important dans le monde du travail. Ça me sert à mesurer mon impact sur les autres, et j’applique encore ces temps de relecture appris à l’Icam. On apprend toujours et tous les jours. Je continue d’ailleurs de me former sur la plateforme d’E-Learning Icam Alumni Academy.
J’apprécie aussi la personne que je suis et j’espère que mon entourage en est fier. On a qu’un essai dans la vie, elle est précieuse… C’est pour cela que je donne beaucoup, que je m’occupe de jeunes comme éducateur sportif et que j’ai cette envie de devenir, à mon tour, tuteur à l’Icam.
Un mot ou un message pour conclure ?
Avec mes copains de la promo, nous partageons cette devise : « tout seul, on va plus vite, mais à plusieurs, on va plus loin ».
J’aimerais aussi partager un message plus personnel : les seules limites qui existent, ce sont celles que l’on s’impose.
J’ai fait un AVC, et je suis porteur d’une maladie invisible, la sclérose en plaques. Pourtant, je suis la preuve que, même en étant malade, on peut y arriver, on peut reprendre des études, obtenir un diplôme d’ingénieur, être cadre dans l’industrie. Il y a deux visions dans la vie : je peux me plaindre tout le temps et ne pas avancer ou arrêter de me plaindre et aller de l’avant.