Icam
23 Juin 2026
Chez Noé Ackermann, l’ingénieur et le skipper se nourrissent l’un l’autre. À 22 ans, cet élève ingénieur en alternance à l’Icam site de Vendée mène de front plusieurs projets qui semblent incompatibles, et c’est précisément ce qui le rend atypique. Tout en mettant un point final à ses études à l’Icam, dont il sera diplômé en septembre, il se prépare à disputer la Mini Atlantique avant de se mesurer à la Mini Transat 2027, l’une des courses au large en solitaire les plus exigeantes !
Tombé tout petit dans la voile
« J’ai découvert la voile par pur hasard, lors d’un stage d’été », raconte-t-il. Il est au primaire et vit à la campagne mais veut continuer. Une dérogation lui permet de rejoindre un collège doté d’une classe voile, qui compte une dizaine d’enfants de tous niveaux réunis autour d’un professeur passionné avec lequel il garde encore d’excellents contacts. « Ça ne tient pas à grand-chose…», confie-t-il.
Entraînements, renforcement musculaire, championnats UNSS : il progresse vite et prend goût à la compétition. Ce qui le séduit avant tout, c’est l’aventure collective, comme ces semaines de régate vécues en équipe. Au lycée, il intègre une section sport-études, partageant son temps entre la préparation d’un bac S et le Pôle de Normandie, où il s’entraîne. Noé s’oriente ensuite vers l’Icam, séduit par la prépa et par le site de La Roche-sur-Yon, au cœur de l’industrie nautique vendéenne.
L’Icam, le pont entre l’ingénierie et les flots
Année après année, il franchit toutes les étapes. Sa méthode ? L’efficience et l’anticipation.
« Depuis tout petit, j’écoute bien et je suis actif en cours, ce qui me permet de ne pas trop bachoter. » Il met à profit les longs trajets du week-end pour travailler et prépare ses travaux de groupe en amont. Peu de sorties le jeudi soir, pour rester en forme le week-end. Côté voile, il passe d’abord par des formats courts, des courses de quinze minutes, bateau contre bateau, qui lui permettent de mener ses deux vies de front, avant de basculer vers la course au large.
Depuis sa 3e année, son alternance chez Naval Group, à Cherbourg, en ingénierie sous-marine, le passionne. « Une super alternance, ultra-intéressante et très stimulante intellectuellement. Même si c’est loin du bateau à voile, ça reste dans le milieu de la mer. » Sportif de haut niveau, il a choisi de boucler en trois ans une alternance qu’il aurait pu étaler sur quatre.
« J’ai tout fait pour y arriver, les notes ont suivi et j’ai pu m’absenter pour mes courses. »
Loin d’opposer ces deux univers, Noé les fait dialoguer. « Le bateau est un merveilleux outil d’apprentissage, en mécanique, en management, en comptabilité… En voile, il faut concevoir des bateaux les plus légers possibles, ce qui demande de réfléchir intelligemment à l’emplacement du matériel. Toute mon expérience à l’Icam me sert, et ce travail sur le bateau me permet de mieux saisir ce qui est enseigné. Ma dernière année à l’Icam est d’ailleurs bien en adéquation avec mon projet sportif qui est monté d’un cran.»

Ses compétences, il les exploite aussi au sein du Club Aérospatial de Vendée, dont il est membre depuis sa création l’an dernier. Il suivra d’ailleurs avec attention le C’Space, où ses camarades du Club feront décoller non pas une mais deux fusées, tandis que lui sera dans les starting blocks pour la Mini Atlantique…
Naviguer Large : une aventure portée par des valeurs
Derrière le projet sportif, il y a une histoire humaine. C’est sa compagne, Louise, qui portait un projet de Mini Transat depuis trois ans, avant de devoir y renoncer pour des raisons personnelles. Très impliqué à ses côtés, Noé s’est alors lancé : « Je me suis dit « pourquoi pas moi ? » » Compétiteur dans l’âme, après deux ans comme coéquipier avec Louise et sur les bateaux d’autres skippers, il avait envie de monter son propre projet. C’est donc avec Louise qu’il le construit et recherche des partenaires.
Une belle rencontre marque cette aventure, l’an dernier, lors de la Nuit des Audacieux à l’Icam site de Vendée, parrainée par le skipper Sébastien Simon. Noé y fait la connaissance de Jean-Marc Richard, président de l’AMIPI, entreprise d’insertion qui emploie des personnes en situation de handicap cognitif, qui devient son partenaire principal. « C’est vraiment une belle entreprise avec des valeurs fortes, et je suis fier de pouvoir porter leur message et de sensibiliser les gens. » Une relation qui dépasse le simple sponsoring et reflète les valeurs partagées entre les deux structures. L’Icam est également partenaire du projet, baptisé Naviguer Large.


Départ de LA Pornichet Select 6.50 – Pornichet le 02/05/2026
Cap sur la Mini Atlantique 2026
La Mini Atlantique a demandé à Noé une importante préparation logistique. « J’ai en particulier besoin d’être rassuré sur le matériel même si j’ai un profil technique et que je fais beaucoup de choses avec mes mains. » Il a travaillé sur sa compréhension de la météo et, grand dormeur, sur la gestion du sommeil, suivant des formations pour aborder l’épreuve le plus sereinement possible. « C’est une course qui est déjà très prenante et stressante en elle-même, et je voulais éviter le plus possible les problèmes techniques. »
Disputée tous les deux ans, cette course en solitaire et sans assistance relie Les Sables d’Olonne à l’archipel des Açores, soit un parcours de 2 600 milles nautiques (environ 5 000 km). Elle joue un rôle clé pour les skippers souhaitant valider leur qualification à la Mini Transat et a révélé de nombreux talents de la course au large. Pour Noé, c’est une étape majeure de sa préparation à la Mini Transat 2027, qu’il a commencée en septembre dernier.
Une étape décisive aussi dans sa vie. Son rêve ? Vivre du bateau, comme skipper professionnel, tout en exerçant comme ingénieur dans le milieu maritime, à son compte, pour maîtriser son emploi du temps. Son inspiration : François Gabart, navigateur et ingénieur. « C’est un exemple pour moi !»
Mais pour l’heure, tous les yeux sont rivés sur la Mini Atlantique. Rendez-vous est donné le mercredi 22 juillet pour le grand départ ! Les premiers concurrents sont attendus aux Sables à partir du 11 août, et l’événement se terminera le 15 août.
Le bateau de Noé sera visible au village de course aux Sables d’Olonne à partir du 15 juillet, date d’ouverture du village, jusqu’au départ. Si vous êtes de passage sur la côte, n’hésitez pas à venir voir son bateau, et échanger avec lui autour de son projet sportif ou tout simplement pour discuter voile et aventure. « Je serais très heureux d’accueillir les étudiants, alumni, enseignants et membres du personnel de l’Icam qui souhaiteraient découvrir l’envers du décor d’un projet de course au large. »
L’occasion aussi de venir encourager Noé !
