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Collaboration proactive pour Terrafib, un projet innovant de développement durable

TerraFib – Marion Bolloc’h, Jean-Marie Sop et Anne-Claire Faignot

Depuis près de deux ans, les étudiants de l’Icam en dernière année participent au développement d’un projet de valorisation des déchets de cultures vivrières au Cameroun qui s’inscrit dans une logique durable, éthique et solidaire.
Valoriser au lieu de jeter : c’est la volonté de Marion Bolloc’h et Anne-Claire Faignot, co-fondatrices de la société Fibers Fabric, via le projet Terrafib démarré il y a trois ans à Loum au Cameroun, avec l’Unité agro-pastorale du Cameroun (Unapac) qui pratique une agriculture raisonnée et gérée par Jean Marie Sop lui aussi à l’origine du projet.

Comment ? Par la valorisation des déchets végétaux issus des cultures de bananes et d’ananas. « Ce sont des ressources incroyables ! Nous avons eu l’idée de récupérer les fibres des troncs, habituellement détruits après la récolte, pour fabriquer du papier et de méthaniser le reste du tronc, qui est ainsi valorisé en compost et biogaz et utilisé par les agriculteurs pour enrichir la terre. Notre but est de mettre en place un modèle complet et circulaire », explique Marion Bolloc’h. Fin 2017, le contact est pris avec l’Icam pour les accompagner. « Nous démarrions progressivement et financions tout sur nos fonds propres. J’avais besoin de faire un premier essai, et j’étais en confiance avec l’Icam que je connaissais ». Sa demande : la fabrication de l’extracteur de fibres et d’une pile hollandaise qui servait il y a 200 ans en France à faire du papier. « On fait de l’artisanat et on mécanise un maximum… ». Un défi de taille lancé aux étudiants dans le cadre de leur projet d’entreprise et de la réalisation de leur mémoire scientifique !

Des étudiants, force de proposition

La mission s’est déroulée en deux temps, avec deux binômes d’étudiants. « Nous commençons toujours par leur faire visiter le site à Loumet pour leur expliquer notre projet en détail ». Une nécessité pour comprendre les enjeux et les contraintes liées notamment à l’environnement .

2018, un premier groupe d’étudiants travaille sur le prototypage. « Pour l’extracteur, cela a fonctionné tout de suite. Mais c’était plus compliqué pour la pile hollandaise. Cette commande n’a rien d’une mission classique et c’est un travail énorme. Ce qu’a fait le binôme a déjà permis de le dégrossir. En septembre dernier, nous avons redémarré une nouvelle collaboration proactive grâce à Simon Blanchard, chef de projet de l’Icam Douala ». Ce deuxième binôme, composé d’un étudiant français et d’une étudiante camerounaise, planchent actuellement sur la V2 de la pile hollandaise et sur une machine permettant de découper les fibres.

« Toutes les semaines, le lundi, nous avons un compte-rendu d’avancement, sur les objectifs atteints ou non atteints. Mais nous échangeons constamment, beaucoup par WhatsApp d’ailleurs, puisqu’en raison de la crise, nous sommes revenues sur le site de notre société basée à Lorient, où nous menons d’ailleurs nos recherches sur les fibres. L’étudiant français est également rentrer mais l’étudiante camerounaise suit sur place le projet. Nous avons dû travailler autrement et avons redécoupé tout le process. C’est un travail collaboratif, un « chouette » mélange qui associe nos connaissances terrain et l’ingénierie et l’expertise des étudiants de l’Icam et de leur coach. Ils s’occupent des dimensions électrique et mécanique du projet tout en intégrant les paramètres terrain pour adapter les solutions (réseau électrique parfois instable, humidité, etc). Ils effectuent aussi beaucoup de recherches sur ce qui existe déjà, sur des techniques dont ils peuvent s’inspirer. Ils sont force de proposition et vont s’adapter. Pour la fabrication de l’extracteur par exemple, il en existait en Inde et en Asie, mais il a fallu le faire évoluer pour qu’il corresponde à notre projet. » Objectif pour Marion Bolloc’h et Anne-Claire Faignot : faire la preuve du concept avec ce modèle d’économie circulaire et le déployer. Mais aussi aller plus loin pour concevoir et proposer des écoproduits dans les secteurs de l’emballage, du BTP, du textile et de la cosmétique, toujours dans une logique de développement durable. « Nous travaillons d’ailleurs avec des ingénieurs Icam ».